Évidence

Je me savais prisonnière de mes sens, 

Me voilà aussi prisonnière d'une évidence. 

Pleine de conséquences, cette évidence est lourde à porter.

Car ton regard sur moi, évidemment, a changé.

Semblable à beaucoup d'autres désormais, 

Et mon regard et le tien se tairont face à une évidence

Qui est pourtant loin d'en être une...

Car il n'y a d'évidence que ce léger frisson de l'âme

Qui, pour un sourire, rien qu'un, vous transporte au loin.

La chair humaine n'est pas évidence, elle n'est qu'attirance.

Et l'une et l'autre n'ont assurément pas les mêmes dessins.

Cher ami, seriez-vous aveuglé par quelque faux jugement

Pour croire qu'une banale affaire de chair n'est qu'évidence ?

Il n'est pourtant à ce jour nulle autre évidence

Que ce sentiment nostalgique me rappelant sans cesse

Que la vie continue car il ne peut en être autrement

Mais un peu moins belle qu'hier, à l'évidence.

Et si vous parvenez encore à douter de votre place si évidente,

C'est que nous ne sommes pas faits pour nous comprendre, à l'évidence.


8 octobre 2001