Des mots, toujours des mots. Des longs, des courts, des laids, des beaux. Il y a les gros aussi. Et donc les petits. Les doux, et ceux qui font mal... Des mots, toujours des mots. Je n'entends que des mots. 

N'y aurait-il plus de gestes, plus de silences que seuls les mots règnent en maîtres ? 

Et face à cela, je n'ai qu'une envie : ne plus parler. Enfin me taire. Et attendre...

Attendre de ne plus être seule en rebéllion. Attendre d'autres compagnons de silence. 
N'entendre que le rythme régulier de nos respirations désordonnées. Et voir.
Enfin se plonger dans le regard de l'autre. La seule vérité qui soit. Les yeux comme porte de l'âme. Le silence tranchant comme une lame.

Enfin lire à livre ouvert dans la multitude des sentiments que les mots ne sauront jamais exprimer. En choisir un au hasard, au gré d'un battement de cils. Et l'approfondir. Le contourner, encore et encore, jusqu'à ne plus compter les tours. Et s'y plonger tout entier, jusqu'à en oublier de respirer. Et quand les yeux choisissent enfin de se taire, se satisfaire du seul silence...

Se laisser porter par les flots de cette vie pas toujours tranquille. Affronter le beau temps comme les ouragans, sans mot dire. Parce qu'un mot n'explique pas tout, de toute façon. Parce qu'un mot ne justifie rien. Versatile, il est blanc autant qu'il est noir. On l'utilise à notre guise. Non vraiment, un mot ne sert à rien. Si ce n'est à exprimer, plus ou moins clairement, ce que les autres ne peuvent lire en nous. Et ce que je viens d'écrire ne s'efface pas de cette seule phrase... mais me révèle comme nous sommes loin de nous comprendre. 

Impressions d'un cours de psycho, 19 octobre 2000